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Les 6 lois de Kranzberg sur la technologie

Voici ces lois, dont la plus célèbre est la première :

  1. La technologie n’est ni bonne ni mauvaise et elle n’est pas neutre.
  2. L’invention est la mère de la nécessité.
  3. La technologie vient par paquets, petits et grands.
  4. Même si la technologie pourrait bien être un élément primordial dans de nombreuses questions d’intérêt public, les facteurs non techniques l’emportent dans les décisions de politique technologique.
  5. Toute l’histoire est pertinente, mais l’histoire de la technologie est la plus pertinente.
  6. La technologie est une activité très humaine – et telle est donc l’histoire de la technologie.

Qui était Melvin Kranzberg ?

Melvin Kranzberg (1917 – 1995) était un professeur d’histoire qui s’est peu à peu spécialisé dans l’histoire de la technologie.


La valeur du « non » en Recherche et Développement

Je commence toujours mon cours de « Gestion de l’innovation » en partageant cette conviction avec les étudiants : il est tout aussi intéressant d’arriver à un « no go » qu’à un « go » quand on monte un dossier d’innovation ou de R&D. C’est déconcertant, j’en conviens, car chacun aimerait qu’à l’issue d’un travail rondement mené, on aboutisse à la conclusion : « votre dossier est nickel, on y va ! »

Si, après une étude honnête, on parvient à un « non », cela relance la recherche, cela stimule la créativité pour trouver une meilleure solution. On va chercher à comprendre le refus. Avec un « oui », combien de fois ne s’est on pas arrêté ? Et quand l’innovation sort, elle va être copiée, souvent sans beaucoup d’intelligence …

C’est bien paradoxal, mais un « oui » peut tuer l’innovation ! Dans tous les cas, le oui est un puissant anesthésique pour beaucoup !

N’allez pas croire que je milite pour les rejets en commission, pour les refus de toutes sortes. Il faut des « go ». Et pour qu’il soit de la meilleure facture possible, il leur faut l’humilité des débuts. Après un « go », il en faudra d’autres pour apporter des améliorations, pour écouter les utilisateurs et la concurrence et en tenir compte.

En médecine, la publication des résultats négatifs est encouragée car elle est une source de progrès. Une revue est intégralement dédiée à cette problématique. C’est le Journal of negative result in biomedecine publié par Springer et dont le rédacteur en chef est Bjorn Olsen, de Harvard Medical School.


La loi de Nielsen, la vitesse de connexion

Nielsen a donné son nom à la loi Nielsen, dans laquelle il postule que la vitesse de connexion au réseau pour l’utilisateur final augmente de 50% par an, soit le double tous les 21 mois. Il rapproche cette loi de celle de Moore sur la croissance dans la puissance des processeurs et observe que le taux de croissance de sa loi est plus lent que la loi de Moore.

Nielsen est aussi connu pour avoir également défini cinq composantes de la qualité de l’expérience utilisateur :

l’apprenabilité, l’efficacité, la mémorabilité, le faible taux d’erreur, la satisfaction.

Qui est Nielsen ?

Jakob Nielsen (né en 1957 à Copenhague au Danemark) a obtenu un doctorat en interaction homme machine à l’ Université technique de Copenhague. Il est un consultant en ergonomie et est reconnu comme un expert en usage Internet (Web Usability, si l’anglais vous manque) que l’on appelle aussi l’expérience utilisateur (User experience, ou UX, pour mes amis anglophiles).


La loi de puissance

La loi de puissance est une relation mathématique entre une quantité qui décroit lentement tandis que l’autre augmente. Cette loi a plusieurs avatars, dont quelques uns sont bien connus dans le vaste monde de l’Internet. A commencer par celui qui a été rendu célèbre par Jeff Besos, le créateur d’Amazon, sous le nom de la longue traine (long tail, si l’anglais vous manque). Un autre avatar fameux est la loi de Pareto que vous connaissez certainement encore mieux sous son sobriquet de loi des 80/20.

Le nom de cette loi s’explique mathématiquement, en effet, elle peut s’écrire de la façon suivante :

log(y) = k.log(x)+log(a)

ou encore

y = a.(x puissance k)


La loi de Pareto, ou loi des 80 / 20

Au début, ce sont des observations, beaucoup d’observations faites sur des données fiscales, qui conduisent Pareto à formuler empiriquement qu’environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes. Plus tard, cela sera formalisé en mathématiques sous le nom de distribution de Pareto.

Ce ratio de 80 / 20 dépasse largement le cadre dans lequel il a été observé puis formulé. Il s’applique aussi parfaitement au monde des projets. Nous savons bien que pour développer 80% des besoins exprimés, 20% d’effort peuvent suffire … Et si on réclame les 20% de fonctionnalités manquantes, il faudra consentir 80% d’effort, c’est à dire 4 fois plus.

L’entêtement à vouloir atteindre 100% est dévastateur ! Surtout, si quand on sait que les utilisateurs n’utilisent qu’entre 10 à 20% des systèmes qu’on leur destine (pour vérifier cette dernière assertion, répondez simplement à cette question : quelle part de Word utilisez-vous ?)

Qui était Pareto ?

Vilfredo Pareto était un économiste et sociologue italien (né à Paris en 1848 et mort en 1923 en Suisse).


La loi de Godwin : Débat et discrédit

En 1990, Mike Godwin fait la constatation suivante « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 1. » (« As an online discussion grows longer, the probability of a comparison involving Nazis or Hitler approaches 1. »)

Depuis plusieurs années, cette remarque empirique a été appliquée à Internet et plus particulièrement aux forums. On y lit que certains s’interrogent pour savoir « à quel moment ce forum atteindra-t-il le point Godwin ? » Il est ainsi du devoir de tout modérateur de guetter les signes avant-coureurs de la survenue de ce point …

Qui est Godwin ?

Mike Godwin est un avocat américain qui a été chercheur à l’Université de Yale et est aujourd’hui le directeur juridique et le coordinateur juridique de la fondation Wikimedia.


La loi de Parkinson : du travail comme un gaz parfait

Dans un article paru dans The Economist en novembre 1955, Parkinson explique que le travail augmente de manière à combler le temps disponible pour son achèvement. Pour établir et prouver cette assertion, le professeur d’histoire de l’Université de Singapour a analysé des bureaucraties. Pour lui, toute augmentation de l’efficacité d’un employé est tout simplement consommée par l’augmentation de la complexité bureaucratique qui en découle. La loi peut s’énoncer comme ceci :

    Le travail s’étale pour occuper le temps disponible à son achèvement

La validité de cette loi repose essentiellement sur des preuves statistiques. Voici les deux facteurs qui sous-tendent la tendance générale à laquelle cette loi aboutie :

Facteur I. Tout employé préfère multiplier ses subordonnés, et non ses rivaux
Facteur II. Les employés se créent mutuellement du travail.

Pour aller plus loin, on peut lire aussi ceci .

Qui est Cyril Northcote Parkinson ?

Cyril Northcote Parkinson est né le 30 juillet 1909. Il a fait carrière dans l’armée et est avant tout connu comme historien de la marine britannique et auteur de quelque soixante livres, dont le plus célèbre est « Parkinson’s Law ». Il est mort le 9 mars 1993.


La loi de Milgram : la profondeur des relations

Le sociologue Stanley Milgram a décrit en 1967 une expérience qui le rendra célèbre : le small world phenomenon. Selon cette théorie, entre deux individus, quelques ils soient et où qu’ils soient sur terre, il n’existe au plus que six intermédiaires. La plupart des réseaux sociaux s’appuient sur cette théorie, pour définir la profondeur relationnelle maximale de leurs membres.

Qui est Stanley Milgram ?
Stanley Milgram est né le 15 août 1933 à New York. Il fait ses études de science politique au Queens College de New York, poursuit à l’université Harvard où il rédige une thèse en psychologie sociale en 1960. Le psychologue social américain s’est principalement fait connaître pour deux expériences. La première, qui porte son nom, l’ expérience de Milgram porte sur la soumission à l’autorité. La seconde est l’expérience du petit monde « small word phenomeon ». Il est considéré comme l’un des psychologues les plus importants du XXe siècle. Il meurt dans sa ville natale le 20 décembre 1984 à l’âge de 51 ans.


La loi de Fitts : la durée du mouvement

Publiée en 1954, cette loi modèlise le mouvement humain et permet de calculer le temps nécessaire pour aller jusqu’à une cible en utilisant une fonction prenant en compte la distance jusqu’à cette cible et la taille de celle-ci. Elle a depuis trouvée une place importante dans le design d’interface puisqu’elle est parfaite pour modèliser l’acte de pointer sur un ordinateur.

D’après la loi de Fitts, la durée du mouvement est :

1. une fonction logarithmique de la distance quand la taille de la cible est constante
2. une fonction logarithmique de la taille de la cible quand la distance est constante

T = a + b log2(D/L +1)

avec
T = temps moyen pour effectuer le mouvement
a, b = constantes empiriques dépendant de la situation
D = distance entre le point de départ du mouvement et sa cible
L = largeur de la cible mesurée sur l’axe du mouvement

En clair et plus concrètement, prenons un exemple . Plus la cible est petite, plus il faut de temps pour l’atteindre. Ou encore, l’utilisateur mettra moins de temps pour cliquer dans un bouton que celui-ci est gros.

Qui est Fitts ?

Paul M. Fitts (1912 – 1965) est un psychologue américain. Il enseigne à l’Université de l’Ohio et à l’Université du Michigan. Ses travaux sur les facteurs humains, alors qu’il est lieutenant-colonel de l’US Air Force, font de lui l’un des pionniers de l’amélioration de la sécurité aérienne.

Pour en savoir plus …

gobz.org le blog out of the box


Codex informatica, index

Après avoir publié de nombreux posts consacrés à différentes lois qui s’appliquent à l’informatique, il me semble utile d’apporter un index alphabétique sur les noms de leurs auteurs.

  1. Amara
    La loi d’Amara : Généralité sur la technologie
  2. Amdahl
    La loi d’Amdahl : Gain de performance
  3. Asimov
    Les 3 lois de la robotique
  4. Bell
    La loi de Bell : Classes d’ordinateur
  5. Bezos
    La loi de la longue traîne
  6. Brooks
    La loi de Brooks : Retard sur projet logiciel
  7. Clarke
    Les lois de Clarke : Conditions possibles de l’innovation
  8. Cole
    La loi de Cole : Conservation de l’intelligence
  9. Fitts
    La loi de Fitts : la durée du mouvement
  10. Freedman
    La loi de Freedman : Facilité de programmation
  11. Gates
    La loi de Gates : Inertie logicielle
  12. Gilder
    La loi de Gilder : Dépassement de bande
  13. Krug
    La première loi de Krug : « ne me faites pas réfléchir ! »
  14. Mayfield
    La loi de participation
  15. Metcalfe
    La loi de Metcalfe : Réseau, web social
  16. Milgram
    La loi de Milgram : La profondeur des relations
  17. Moore
    La loi de Moore : Doublement programmé
  18. Murphy
    La loi de Murphy : quand ça va mal …
  19. Nacchio
    La loi de Nacchio : Gateway IP
  20. Parkinson
    La loi de Parkinson : Du travail comme d’un gaz parfait
  21. Reed
    La loi de Reed : Réseau, web social
  22. Roberts
    La loi de Roberts : Rapport Performance / Prix
  23. Shannon
    La loi de Shannon : la notion d’entropie
  24. Wiener
    La loi des rétroactions positives
  25. Wirth
    La loi de Wirth : la vitesse relative du progrès

Peut-être connaissez-vous d’autres lois à ajouter à ce florilège ?


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